La presse haïtienne, entre éthique et corruption: un épée à deux tranchants

La fonction principale de la presse est le partage de l’information. Cette diffusion vise à exprimer des opinions, à les exposer et les expliquer. La presse permet aussi de transmettre des valeurs civiques, morales et culturelles. Elle joue le rôle d’animateur de la vie politique. La presse peut jouer surtout le rôle de contre pouvoir, avec la mission de surveiller les actions des pouvoirs exécutifs, législatifs et judiciaires.
La désinformation, la corruption, le manque d’éthique, entrainent une baisse considérable de confiance dans la presse haïtienne.

Parler de corruption dans la presse haïtienne n’est pas nouveau.
Des journalistes et des patrons de médias qui reçoivent des pots-de-vin de la part des politiciens et des petits bourgeois corrompus. Cela devient une pratique pour la pluspart des journalistes.

Un grand patron de média de la capitale présentant un des employés journalistes à un ami: “ce type que vous voyez est très très corrompu, mais avec lui, plus de vues sur les réseaux sociaux, plus de publicités, je n’ose pas le perdre malgré tout”.

Des brasseurs de merde
Presque tous les jours on assiste au défilement des journalistes à travers les différents ministères et bureaux de l’état, en quête d’un chèque ou d’un contrat en échange d’un reportage positif.
Pour couvrir certains évènement ou une conférence de presse, on doit payer les journalistes sinon on court le risque d’être isolé. Des journalistes et surtout des médias en lignes sont payés par des bandits notoires pour couvrir des conférences de presse.
Tandis que selon le code de la déontologie: “les médias et les journalistes refusent tout cadeau ou toute gratification pouvant compromettre leur impartialité”.
Plusieurs journalistes utilisent leurs pouvoirs pour une fonction de propagande au service du pouvoir. Ce sont des brasseurs de merde.
Presqu’à travers tous les ministères, des journalistes reçoivent régulièrement leur salaire sans jamais passer au bureau, sauf pour récupérer leur chèque.
Des supers patrons de médias ont le droit de proposer des hommes et femmes à la nomination, soit comme ministre, DG, … et même pour briguer des postes électoraux, ils ont aussi le pouvoir.

Un problème sociétal
Malheureusement, la majorité des leaders d’opinion ou encore la majorité des journalistes “séniors”, les plus influents et les plus écoutés sont des brasseurs de merde, des mercenaires, des corrompus. Et tout le monde le sait bien. Mais cela n’empêche pas que leurs émissions soient les plus écoutées. Ces brasseurs de merde sont des fabricants de “fake news”.

Des gardiens du système investissent dans des radios, dans des télévisions et utilisent des leaders d’opinion pour pouvoir atteindre leurs objectifs. De fortes sommes d’argents sont données à plusieurs journalistes influents pour détourner l’attention du peuple par toutes sortes de stratégies: diversions, fausses alertes, propagandes mensongères, … pour empêcher toute éventuelle mobilisation et revendication. Et des journalistes qui ont des liens étroits avec des gangs armés, invitent les bandits à faire passer leurs messages de terreur. Sans aucune gêne, ils terminent l’entrevue par : “se te yon plezi zanmi, nap rete an kontak”.
Pour se défendre face à l’insécurité et au kidnaping, plusieurs journalistes séniors cherchent la faveur des gangs. Ils se font leurs amis.

Des journalistes exigent à des politiciens de fortes sommes d’argent pour ne pas diffuser une information. La corruption dans la presse haïtienne est comme une vertu pour plusieurs journalistes. Un moyen pour faire face à la misère qui terrorise la population.
La corruption a eu le dessus sur l’éthique et la déontologie journalistiques.
Comme dans la politique, nous devons avoir une nouvelle génération de journalistes crédibles et honnêtes qui respectent la déontologie et l’hétique de la profession.

Mes amis de la presse, je vous rappelle que le travail du journaliste, c’est d’expliquer, de révéler, de départager le vrai du faux, de montrer ce qui n’est pas montrable, étaler au grand jour ce qu’on veut taire à tout prix, d’aider la population de mieux comprendre la situation socio politique, les enjeux et de permettre à la population de faire de bons choix.

Je sais qu’il y a de bons journalistes professionnels et compétents mais la presse haïtienne est remplie aussi de journalistes méchants et corrompus. Et qu’ils sont nombreux, ces journalistes méchants, égoïstes et corrompus, à alimenter des émissions, des comptes Facebook, YouTube et Twitter pour faire avancer leur cause.
C’est comme un épée à deux tranchants: la presse peut partager de bonnes informations successibles de transformer la sociéte mais aussi peut détruire et salir l’image d’un paisible citoyen par des fausses alertes.

La presse haïtienne peut aider le pays vers un changement réel tant espéré. Mais une nouvelle génération de journalistes professionnels s’avère nécessaire pour une vraie réforme dans la presse haïtienne.

Isma Ruben

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